L’Etat visiblement puise sur l’épargne nationale pour répondre à des urgences. Avec la situation économique nationale difficile qui prévaut au Bénin, c’est comme si un actif était devenu pour l’Etat béninois un passif. Sur quatre emprunts obligataires contactés dont trois infructueuses, le gouvernement béninois a consciemment ou inconsciemment précipité le Bénin vers le gouffre.
Depuis son arrivée au pouvoir le régime Boni Yayi dont on le dit rompu à la gestion économique du fait du caractère technocratique que son leader a voulu donner à son mandat, a fait quatre emprunts obligataires. Le premier très fructueux prévu à 40 milliards, l’Etat a réussi à trouver 60 milliards de F CFA. Avec cet emprunt, le gouvernement avait pour ambition de faire des investissements. Au lieu de concevoir un autre projet pour consommer la différence, il a préféré l’utiliser à d’autres fins. Le deuxième non fructueux a été demandé aux banques béninoises. Il a été demandé aux banques de contribuer à satisfaire les entreprises adjudicataires prestataires de services. Ces banques ayant emprunté n’ont malheureusement pas été payées. Il y a eu ensuite un troisième non fructueux qui est demandé aux sociétés d’Etat de contribuer au redressement de l’économie. Jusqu’aujourd’hui, on ne sait ce à quoi est destiné cet emprunt obligataire. Toujours est-il que l’Etat a vidé les caisses de l’Etat. Il y eut un quatrième destiné à apurer la dette intérieure, le règlement du Trésor public pour émission de plusieurs bons de trésor en vue du payement des salaires.
Conséquences de tous ces emprunts obligataires, l’Etat doit plus de 40 milliard aux banques nationales. Ce qui fait que les banques ne peuvent plus faire de l’investissement privé et on se demande à quand les banques seront-elles payées ? La morosité à laquelle on assiste actuellement au bénin est due à cette situation d’emprunts obligataires non maîtrisés. Parce lorsqu’il y a trop de charges, il n’y a pas de bénéfices. Pour caricaturer on dira qu’on a vendu notre blé en herbe. On peut avoir un bénéfice réduit ou un sous bénéfice, conséquence : il n’y a pas d’impôt qui rentre dans les caisses du trésor et qui paye véritablement les impôts au Bénin ? On s’interroge sur la liste des banques et sociétés d’Etat qui ont contribué à l’effort de redressement voulu par le chef de l’Etat béninois. Les montants exacts et quels étaient les objets primaires ? Si l’emprunt est fait où est donc passé l’argent ? Le régime Yayi semble s’engager dans un cercle vicieux et inquiétant pour l’avenir du Bénin.
Brice Ogoubiyi
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